Analyse du livre Le Grand Meaulnes

Publié en 1913, « Le Grands Meaulnes » est l’œuvre la plus connue d’Alain-Fournier. Ecrit dans un style simple et direct, le roman raconte une histoire limpide en apparence. Pour autant, le livre se révèle riche en interprétations. On pourra l’analyser en s’intéressant à trois thèmes principaux : les lieux évoqués, le temps du roman et le rôle des personnages.

 

Géographie réelle et mythique

Tout comme « La Recherche du Temps Perdu » de Marcel Proust, dont le premier tome sera publié peu de temps après, « Le Grand Meaulnes » est un roman forgé par sa toponymie. Les noms de lieux, omniprésents, sont utilisés pour donner corps à un univers romanesque réel et labyrinthique, dans lequel le lecteur est vite absorbé. Alain-Fournier use des mêmes techniques que Proust en transposant les lieux de son enfance dans le cadre du roman.

L’intrigue prend place dans sa région natale, le Berry, et plus particulièrement le département du Cher. Au nord de ce dernier s’étend la forêt de la Sologne, paysage grandiose à la portée symbolique et imaginaire dans le roman. On songe à la forêt de Brocéliande, caractéristique des romans arthuriens, dont « Le Grand Meaulnes » peut être vu comme une transposition moderne.

Les lieux déterminent l’action du roman. Sainte-Agathe correspond au cadre scolaire et quotidien, le domaine des Sablonnières au « pays perdu », inconnu et mystérieux, lieu utopique où les règles n’existent pas. Le départ pour Paris marque l’éloignement spatial du héros, mais aussi l’éloignement symbolique par rapport à Yvonne. C’est finalement le retour en Sologne, là où le roman a commencé, qui permet l’accomplissement de la quête d’Augustin.

 

Saison et temporalité dans Le Grand Meaulnes

Le cadre spatio-temporel dans lequel se déroule l’action du livre est essentiel à sa bonne compréhension. L’écoulement du temps est marqué par la succession des saisons, les références au climat (dureté de l’hiver opposée à la douceur des journées d’automne et de printemps) entrant en résonance avec la chanson de geste, où ces précisions abondent. Les bouleversements de la nature entraînent l’évolution des personnages. Le froid symbolise le romanesque et le besoin d’aventure : c’est avec lui que se produit la disparition provisoire d’Augustin, qui arrive ainsi au « pays perdu ».

Racontée de manière simple par un narrateur unique, l’histoire du « Grand Meaulnes » est cependant soumise à une temporalité bien particulière. On suit le récit de façon linéaire, mais il est entrecoupé à plusieurs reprises par des procédés narratifs qui l’éclairent et l’enrichissent. C’est d’abord Augustin qui raconte son aventure à son ami François, puis les lettres que tous deux s’échangent, et enfin la découverte de son journal intime. Ces ellipses contribuent à renforcer le mystère autour du récit : le temps du roman s’écoule de manière inexorable, tout en étant hanté par des réminiscences du passé.

 

Les personnages moteurs de l’action

Les trois grandes parties du récit (si l’on excepte l’épilogue) sont centrées chacune sur un personnage : Augustin Meaulnes dans la première, Frantz de Galais dans la deuxième et François Seurel dans la dernière. Le récit progresse au fur et à mesure que le narrateur, François, avance dans sa vie. Celui-ci passe d’ami effacé du héros au début de l’histoire à son confident indispensable, puis à celui autour duquel se noue l’intrigue dans la dernière partie du texte. François devient autonome avec le départ d’Augustin pour Paris, l’éloignement géographique du héros marquant l’affirmation de son propre rôle.

Les personnages du roman existent par « couples ». Couples réels formés par Augustin et Yvonne, Frantz et Valentine puis Augustin et Valentine, mais aussi couples symboliques. On peut citer les deux amis du héros, Frantz et François, aux noms étrangement proches, les deux femmes disparues, Yvonne et Valentine, et les deux amoureux dont l’attitude s’oppose, Augustin qui espère retrouver sa belle et Frantz qui sombre dans l’abattement.

Aux triangles amoureux mouvants de l’histoire se superpose un système de vases communicants : quand l’un est heureux, l’autre est malheureux. Pour permettre le bonheur de Frantz, Augustin doit sacrifier le sien en abandonnant Yvonne, qui meurt en son absence. Ce n’est qu’en retournant au domaine des Sablonnières qu’Augustin peut retrouver sa fille et achever sa quête.

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